Conférence ATM2018 – L’Intelligence Émotionnelle : Un pas significatif vers le Savoir-Être Agile ?

Le 3 Décembre 2018, j’ai eu la chance de donner une conférence à l’Agile Tour Montpellier. Celle-ci s’intitulait :

Vous trouverez ci-dessous les slides que j’ai utilisé et les explications liées à ceux-ci. Ces slides ont été réalisés avec l’outil Genially, n’hésitez donc pas à naviguer entre les pages et à cliquer, via le bouton , sur les zones interactives contenues dans certains slides afin d’avoir plus d’explications.


Mon propos lors de cette conférence était de dire : De plus en plus d’organisations se mettent à l’Agilité, et pourtant, bien que les projets menés avec des méthodes agiles obtiennent de meilleurs résultats qu’une méthode de gestion de projet classique (comme le Cycle en V), nous avons encore beaucoup de mal à réussir des projets de moyenne ou de grande envergure. Pour s’améliorer, il convient de se poser la question suivante : Pour quelles raisons, l’Agilité ne réussit-elle pas à convertir un pourcentage important de projets de grande envergure en succès ?

L’analyse que j’ai mené me fait dire que nous sommes trop dans le Savoir-Faire Agile, avec nos méthodes, nos outils, nos indicateurs, et pas assez dans le Savoir-Être Agile. Mais avant de voir comment nous pourrions ré-équilibrer notre Agilité, il est important de comprendre, dans un 1er temps, comment nous sommes allés vers le Savoir-Faire Agile. Puis, dans une 2ème partie, de poser la définition du Savoir-Être Agile et comprendre pourquoi il est nécessaire d’aller vers son développement. Enfin, je proposerai une expérimentation afin d’augmenter notre Savoir-Être Agile : Développer et utiliser notre Intelligence Émotionnelle.

Savoir-Faire Agile : Pourquoi ?

Prenons un peu de recul et levons la tête du guidon en retournant à l’une des « sources » de l’agilité, à savoir le Manifeste Agile. Pour ma part, il contient 3 valeurs sur 4 et 7 principes sur 12 qui sont plus orientés Savoir-Être Agile que Savoir-Faire Agile. En tant qu’Agilistes, nous sommes sensés nous inspirer du manifeste et pourtant dans la réalité, nous penchons plus du côté Savoir-Faire Agile. Qu’est-ce qui explique ce déséquilibre dans notre mise en oeuvre de l’Agilité ?

La 1ère raison possible est la suivante : Globalement, provenant tous d’une culture de gestion de projet classique, au début, nous ne savions pas mettre en oeuvre l’Agilité. Quand les « sages » du Manifeste Agile nous ont montré la Lune, il nous a été plus simple de « regarder » la main. La Lune était plus difficile à atteindre et aurait demandé plus de maturité agile que, à juste titre, nous n’avions pas encore.

La 2ème raison est que nous héritons de 350 ans de cartésianisme ! René Descartes, dans son Discours de la Méthode (1637), nous indique : « Qu’il faut chercher la vérité dans les sciences« . Autrement dit, que seule la science peut conduire à la vérité, à l’exclusion de toute autre manière de procéder. Cette « philosophie » a été la pensée dominante du paradigme en cours à l’époque. Autant elle nous a permis de progresser jusqu’à maintenant, autant pour évoluer dans le monde complexe actuel, elle semble déjà désuète. Rien d’étonnant alors que notre mise en oeuvre de l’Agilité passe par des méthodes, des outils, de la mesure d’indicateurs, puisque c’est la façon de procéder des sciences et que nous suivons ce chemin depuis quelques siècles.

Enfin, Henri Fayol et Frederick W. Taylor, considérés comme 2 des « pères du management moderne », nous incitent à être dans la planification, le contrôle et la maîtrise du Travail :

Henri Fayol – livre « L’Administration industrielle et générale » (1916) : « L’Administration des entreprises consiste à : prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler »

Frederick W. Taylor – livre « The principles of scientific management » (1911) : Organisation Scientifique du Travail

+ Séparation de la Conception, confiée aux ingénieurs, de l’Exécution des tâches, confiée aux ouvriers

+ Découpage du travail à faire en de multiples tâches unitaires pouvant être réalisées sans expertise par n’importe quelle personne

De mon point de vue, ces 3 raisons nous ont poussé vers le Savoir-Faire Agile plutôt que vers le Savoir-Être Agile. Don’t act ! Il est encore temps de ré-équilibrer les choses…

Savoir-Être Agile : 

C’est quoi ?

Henrik Kniberg, qu’on ne présente plus dans le monde de l’Agilité, donne la définition suivante :

Pablo Pernot, Coach Agile & DG de beNext, indique pour sa part que :

J’avoue que j’ai une grosse, grosse préférence pour la définition de… Pablo Pernot. En effet, Henrik Kniberg suggère que la complexité peut se maîtriser. Or par définition, quelque chose qui est de nature complexe est imprévisible. Pour bien comprendre cela, il faut faire un parallèle entre « compliqué » et « complexe ».

Prenons quelques exemples de système « compliqué » : un airbus A380 (le type d’avion le plus gros sur Terre, je crois), une centrale nucléaire, un porte-avions. Quelque soit le système compliqué, son comportement est prévisible. Par exemple, des 3 types de bâtiments précédents qui sont pourtant colossaux, si vous avez l’expertise nécessaire et les plans, vous arriverez à prédire avec certitude les impacts de la défaillance d’une des pièces, si petite soit-elle. A noter que cette expertise peut évidemment être partagée entre plusieurs personnes, ou équipes. Une résistance électronique qui claque à un endroit et vous êtes capables d’en déduire les impacts sur tout le bâtiment. Voilà ce qu’est un système compliqué.

Un système complexe est par nature imprévisible. Même si vous avez une expertise sur celui-ci, vous ne pourrez pas prédire avec certitude son comportement. Quelques exemples : un être humain, une conversation entre 2 personnes, le monde du vivant (ex : une forêt), tirer sur une nouille enchevêtrée dans une assiette avec ses consœurs. Vous avez le sentiment de connaitre parfaitement une personne, et pourtant, ce matin là, elle réagit différemment pour diverses raisons (mal dormi, mal au ventre, une belle rencontre la veille, il fait beau, …). Pour l’exemple de la conversation, qui peut prédire le cheminement d’une conversation avec certitude ? Entre ce que je crois, ce que je pense, ce que je dis, ce que je ne dis pas, ce que tu vois, ce que tu entends, ce que tu comprends, … il y a juste un monde d’écart. Alors de là, à prédire l’issue d’une conversation… Qui peut prédire avec certitude comment va évoluer une forêt dans 5 ans ? Un parasite, une nuée de criquets, une sécheresse, une abondance de pluie, … sont des facteurs qui rendent l’issue toujours incertaine. Pour finir, si on tire sur une nouille qui est enchevêtrée avec les autres dans une assiette, qui peut prédire qu’elles autres nouilles vont être impactées par ce mouvement ? Tout ceci est trop complexe pour être prévisible.

Être Agile, c’est savoir évoluer et être performant dans ce monde complexe…

Pourquoi vouloir être agile ?

Des accélérations majeures

Thomas Friedman, dans son livre « Merci d’être en retard », donne son analyse sur les accélérations majeures qui contribuent à augmenter la complexité de notre monde :

  • la Mondialisation qui développent les échanges de toutes natures,
  • le Changement Climatique qui pousse des populations agricoles vers les villes car elles n’arrivent plus à manger de leurs terres. Des villes où les gens s’entassent sans argent, sans vivres, sans travail, sans solution d’avenir avant de partir vers là où il y a de la richesse (l’Europe, les Etats-Unis, le Canada,…),
  • la Technologie avec Internet et le Web 2.0 qui a révolutionné les rapports entre les personnes, le Big Data et l’IA qui pointent le bout de leur nez,
  • l’augmentation de la population mondiale (5 Mds en 1980, 7 Mds en 2020, 10 Mds en 2050)

Notre monde n’a jamais cessé d’être complexe, mais ces facteurs exponentialisent encore plus cette complexité.

Le complexe de Dieu et la variation / sélection

Tim Harford, économiste anglais, nous alerte sur le fait que l’Humain a tendance à souffrir du « Complexe de Dieu », i.e. à croire que peu importe la complexité du problème qu’il rencontre ses solutions seront infaillibles. Or notre monde est trop complexe pour en comprendre totalement son fonctionnement.

Au lieu de nous prendre pour Dieu, Tim Harford nous suggère une autre possibilité. En effet, il met en lumière une alternative qui a fait ses preuves depuis la nuit des temps. C’est le principe de la variation / sélection, mise en oeuvre dans le mécanisme de l’évolution. Une cellule a pour principe de fonctionnement de se diviser pour produire la même cellule à l’identique. Or statistiquement, quelque fois, il arrive que la copie de la cellule ne soit pas totalement identique, mais légèrement différente à l’originale. Ce fait pourtant « bénin » en apparence a joué un rôle capital dans le mécanisme de l’évolution ! En effet, parfois la « copie » a été plus performante pour survivre et évoluer dans son environnement que l’originale. Ceci a eu pour conséquence que les originaux sont morts et que les copies ont continué à perpétuer leur espèce, essaimant leurs gènes par de nouvelles copies, etc.., etc… On peut donc dire que la cellule originale a effectué une variation qui a produite la copie légèrement différente, et que la survie de cette dernière a permis la sélection de l’espèce plus « adaptée » à leur environnement. C’est le principe de variation/sélection de l’évolution. Grâce à ce principe, toutes les espèces étant pourvues de cellules, celles qui sont arrivées jusqu’à nous, y compris l’Homo Sapiens que nous sommes, ont bénéficié du principe de variation/sélection.

En Agilité, nous connaissons déjà ce principe de variation / sélection mais nous lui avons donné un autre nom, à savoir essai / erreur.

Mon analyse de nos pratiques agiles m’amène à poser la question suivante :

Lorsque nous appliquons les méthodes et utilisons les outils Agiles, lorsque nous mesurons des indicateurs Agile, lorsque nous sommes dans le « Faire » Agile, ne sommes-nous pas dans le Complexe de Dieu ? Et Être Agile, n’est-ce pas expérimenter de façon empirique en variation / sélection ?

Réussite d’une transformation organisationnelle

Bernadette Lecerf-Thomas qui a été Coach en organisation et a écrit des livres faisant la liaison entre les Neurosciences et le Management ou le Développement de Talents, nous donne une clé de réussite d’une transformation organisationnelle, à savoir : Equilibrer le projet de transformation d’organisation entre « procédures dures » et « procédures molles ».

Parmi les « procédures dures », on peut lister :

  • Organisation / Gouvernance
  • Processus / Modes opératoires
  • Normes / Mesures réglementaires
  • Méthodes
  • Outils

Et pour les « procédures molles » ou processus humains, on trouve :

  • Culture
  • Ouverture à son environnement ou en interne
  • Sens et Valeurs
  • Leadership
  • Authenticité
  • Comportements
  • Remise en question personnelle et organisationnelle
  • Qualité de Vie au Travail
  • Modes de reconnaissance
  • Communication interpersonnelle
  • Gestion des compétences
  • Capitalisation des connaissances
  • Intelligence Émotionnelle

Une transformation ne se gagne pas du côté des « procédures dures », qui bien malheureusement sont souvent bien trop réfléchies et trop organisées détriment des « procédures molles ». Or si les « procédures molles » sont « bâclées », voire oubliées dans la transformation, celle-ci a toutes les chances de capoter. Les transformations se gagnent avec les Humains qui en sont acteurs…

Or les « procédures dures » étant du côté du Savoir-Faire Agile, il est nécessaire de développer le Savoir-Être Agile, via la prise en compte de « procédures molles » pour réussir une transformation Agile.

Comment être agile ?

Ok, nous avons vu ce que signifie Être Agile, et les raisons qui font que c’est nécessaire de développer notre Savoir-Être Agile. Mais comment être agile ?

Pour savoir être agile, i.e. savoir évoluer et être performant dans ce monde complexe (dixit Pablo Pernot), de mon point de vue, il faut s’adapter de façon permanente tout en délivrant de la valeur, ceci en interne comme en externe du système.

L’adaptation permanente sera amenée par l’Ouverture : ouverture à d’autres possibles, à ce qui se présente dans notre réalité du moment, à ce que nous ressentons, aux autres. L’Ouverture va nous apporter la Souplesse et la Remise en question.

La valeur pourra être délivrée par le Sens, qui va nous amener la Direction à suivre et l’Energie pour y aller et réussir. Si ce que nous faisons fait Sens pour nous, quelque soit ce qui se présente à nous, nous aurons la motivation à le faire et nous saurons quel chemin emprunter à l’instant T pour converger vers ce qui fait Sens.

Afin de développer collectivement, notre Ouverture et ce qui fait Sens pour nous, je pense qu’une des manières possibles est que chaque individu développe sa propre Intelligence Émotionnelle. Cela permettra à la fois à chacun de mieux se connaître, donc de mieux se positionner vis-à-vis de ce qui fait sens pour lui, et aussi d’ouvrir notre relation aux autres et à ce qui se présente.

L’Intelligence Émotionnelle au service du Savoir-Être Agile

Proposition

Développer sa propre Intelligence Émotionnelle afin de développer le Savoir-Être Agile collectif, c’est l’expérimentation que je propose à chacun d’entre nous… Et pour la développer, commençons par revenir à ce que nous sommes à la base, un animal doué d’émotions ! Assumer notre côté animal, revenir à la source de notre être en accueillant pleinement nos émotions afin de les utiliser pour développer notre Savoir-Être Agile !

Pourquoi cette proposition de ma part ?

Prendre en compte nos émotions, c’est refaire de la place à cette faculté animale qui nous a permis d’évoluer et de nous adapter à notre monde complexe depuis la nuit des temps… Prendre en compte nos émotions, c’est s’ouvrir et être pleinement, entièrement… En cultivant notre Intelligence Émotionnelle, chacun saura mieux évoluer et être performant dans ce monde complexe, tout en développant son Ouverture et son Sens par une meilleure connaissance de soi et de son rapport aux autres. Et en faisant cela, chacun développera son Savoir-Être Agile…

Mais qu’est-ce que l’Intelligence Émotionnelle ?

L’Intelligence Émotionnelle

Les Émotions

Les émotions « primaires » sont : la Colère, la Peur, la Tristesse et la Joie. Chacune d’elles se manisfeste  via des symptômes physiologiques et psychologiques. Elles n’ont pas d’autre signification que de nous dire : « Allez, quelque soit ce qui se présente, mets-toi en action, mets-toi en mouvement pour y répondre… » Étymologiquement émotion vient de « motio » qui veut dire « mouvement » et du préfixe « e » qui signifie « qui vient de…« 

Même si les dernières recherches en Neurosciences montrent une complexité plus grande dans le fonctionnement du cerveau concernant les émotions, j’ai choisi de rester simple et accessible en expliquant ce fonctionnement de la façon suivante, l’idée principale étant globalement la « bonne ». L’évolution du cerveau humain à travers les âges a fait que le système limbique, partie du cerveau qui gère les émotions, est activé avant le néocortex qui pilote le raisonnement et la logique. Les signaux électro-chimiques, ceux qui permettent la communication des informations entre neurones, du système limbique interviennent toujours en avance de phase par rapport à ceux du néocortex. Ce qui fait dire que toute décision, même celles qui sont les plus mûrement réfléchies, sont avant tout émotionnelles avant d’être cognitives ! Savoir reconnaître ses émotions, et les utiliser à bon escient devient donc un atout décisionnel et cognitif non négligeable… si la personne en fait un bon usage. Ceci dit, ce ne sera pas une tâche facile et la frontière entre une bonne utilisation des émotions et la bascule dans un comportement inapproprié (biais cognitifs) est ténue. Il est donc nécessaire de travailler et développer sa propre Intelligence Émotionnelle pour pouvoir juger de façon critique si on doit suivre son émotion ou prendre de la distance par rapport à celle-ci. Dans son livre « Ces émotions qui nous dirigent », Bernard Anselem nous donne plusieurs techniques pratiques qui peuvent nous aider à faire la part des choses.
D’autre part, les émotions jouent un rôle prépondérant dans notre communication inter-personnelle. Les neurosciences ont montré le rôle des neurones miroir qui permettent de ressentir les émotions de l’autre personne. Ceux-ci jouent un rôle majeur dans la communication non verbale. De plus, la vue étant le sens qui communique 80% des informations à notre cerveau, voir le visage de l’autre personne et y reconnaître les signes d’une émotion peut nous permettre de mieux comprendre celle-ci, ouvrant la porte à une adaptation de notre propre comportement à ce qui est vu et ressenti. Ceci fait une 2ème raison pour laquelle le développement de l’Intelligence Émotionnelle est important.

 

Au vu de la manière dont le cerveau est structuré et la façon dont il utilise les émotions avant toute décision, on peut donc affirmer que celles-ci font partie intégrante de l’identité de la personne. Ce qui revient à dire que : Nier ses émotions, c’est lutter contre soi-même ! L’Humain est un être social qui utilise ses émotions pour communiquer. Or dans les organisations, les émotions sont tabous… On endosse un rôle, un costume et on est prié d’adopter un comportement professionnel, de laisser nos émotions en dehors de l’organisation… Cela pose un vrai problème, non ?

Pour que les organisations puissent évoluer et être performante dans ce monde complexe, donc Être Agile, il est nécessaire de redonner toute sa place aux émotions, de permettre à chacun d’être pleinement lui-même. Ceci d’autant plus que ressentir ses émotions et les utiliser, en adaptant son propre comportement, permettra l’Ouverture à l’autre et à ce qui se présente, tout en permettant de mieux se connaître et donc de mieux cerner ce qui fait Sens pour nous. D’où ma proposition d’expérimenter le développement de l’Intelligence Émotionnelle pour aller vers plus de Savoir-Être Agile…

Mais qu’est-ce que l’Intelligence Émotionnelle ?

L’Intelligence Émotionnelle

Concernant l’Intelligence Émotionnelle, il est une personne qui fait référence dans ce domaine, c’est Daniel Goleman, qui a publié plusieurs livres à ce sujet. De plus, Bernard Anselem est un autre auteur, médecin neuropsychologiste, qui popularise également l’Intelligence Émotionnelle et les Neurosciences via ses ouvrages et ses articles. Je vous encourage donc à lire leur prose pour en savoir plus.

Intelligence Emotionnelle Daniel Goleman

 

Pour faire simple, je résumerai l’Intelligence Émotionnelle par : Reconnaître et gérer ses propres émotions et les émotions des autres…

Reconnaître ses émotions et celles des autres, c’est savoir identifier chez soi et les autres quels sont les signes, physiologiques et psychologiques, qui nous disent que telle émotion est en cours.

Gérer ses propres émotions et celles des autres, c’est adapter son comportement à celles-ci. Ne pas se laisser submerger par ses émotions, les prendre juste pour ce qu’elles sont des alertes qui requièrent une action. Gérer et adapter ses comportements en fonction de l’émotion de l’autre, notamment par une action adaptée. Cette dernière aura d’autant plus d’efficacité qu’elle aura été « travaillée » au préalable en Communication Non Violente par exemple.

Plus l’acuité à détecter l’émotion, chez soi et chez l’autre, est élevée, plus tôt la personne pourra s’y adapter et augmentera ainsi ses chances d’y apporter la « bonne » réponse en gardant un esprit critique approprié. Ce dernier point montre l’importance du travail à réaliser pour aguerrir son Intelligence Émotionnelle. Bernard Anselem nous fait bien prendre conscience que ce n’est pas gagné d’avance mais que cela nécessite un travail de longue haleine pour progresser.

 

Pour finir, en plus des ouvrages cités plus haut pour développer son Intelligence Émotionnelle, on pourra étudier les sujets connexes suivants. Ces sujets apportent trop de matière pour être abordés en détails ici, mais les curieux y trouveront des approches qui apporteront un bienfait tant au niveau individuel que collectif :

  • « L’Intelligence Collective Générative » de Robert Dilts
  • Le pattern « Artful Participation » de la Sociocracy 3.0
  • « L’élément Humain » de Will Schutz

Conclusion

Nous avons mis en œuvre le Savoir-Faire Agile afin de tenter de maîtriser notre monde complexe. Or celui-ci n’a jamais cessé de l’être et, il est illusoire de croire que nous allons le maîtriser. Humblement et courageusement, il nous faut lâcher-prise sur nos peurs, nos frustrations et nos tristesses, lâcher-prise sur nos émotions au final, car mal comprises et mal utilisées elles nous empêchent d’accéder à l’Ouverture, synonyme de Souplesse et de Remise en Question, et à nous reconnecter pleinement à notre Être au travers du Sens que nous donnons à nos actions, ce Sens qui nous donnera à la fois la direction à suivre mais également l’énergie pour avancer.

Pour lâcher-prise sur nos émotions, expérimentons l’Intelligence Émotionnelle, et ainsi assumons pleinement notre côté animal.  Revenons à la source de notre Être en les accueillant et en les utilisant pour savoir évoluer et être performant dans ce monde complexe.
Je nous souhaite un voyage riche et exaltant vers notre Savoir-Être Agile…

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